Être debout-assis. Essai sur la qualité du travail à distance

 

Christophe Charpin évoque ici la question du travail à distance à travers notamment le prisme du double énergétique.

Prendre aujourd’hui la plume de mon clavier est une décision longuement mûrie qui soulève tant la question de ma légitimité à aborder le travail à distance selon un angle très subjectif, que la réelle nécessité de cet apport au groupe des thérapeutes que nous sommes, présentement comme en devenir.

Seulement je ne peux encore une fois me soustraire à mon élan premier d’une part, élan venu lors de la seconde réunion organisée par Eric Morand Morabin et Alexandra Pérols -qui fut d’une richesse incroyable- et d’autre part à l’avancée systématique de mes pensées et réflexions lors de mes pratiques. Je peux donc affirmer que résister à faire descendre par l’écrit ces inspirations serait une insulte à mon chemin parcouru, aussi singulier soit-il.

Alors voilà mon partage sur cette dynamique du travail à distance, sous l’angle synthétique d’expériences que l’on pourrait qualifier d’ « extra-ordinaires ».

Mon premier propos repose sur la dilatation mentale.

La dilatation du corps mental comprend pour moi une extension vis-à-vis de nos limitations à l’efficience du travail à distance, et également la capacité de projection dans un espace d’écoute que je nommerais, pour reprendre la terminologie de Menno De Lange: le corps de la relation.

Dans la relation thérapeutique à distance, de nombreux collègues ont chacun partagé leurs impressions, dont celles d’être vu (même par téléphone) et touché par les mots de l’autre. Car la voix, et en amont le LOGOS, crée ! Que ce soit en supervision, en intervision, en séance en tant que client ou en tant que thérapeute. Je témoigne pareillement de cette réalité de la parole enracinée et aussi de celle de la parole guidante, inspirée, et inspirante.

Animé par la bienveillance et la capacité à entendre, un autre aspect fait jour, à savoir de garder la juste distance. Il est question d’une facilitation pour certains, d’une accélération de cet automatisme à vérifier où est-ce que l’on est touché par sa/son/ses clients. J’émets bien sûr l’hypothèse que les répétitions de supervisions et la formation de superviseur ont pu clairement me sensibiliser à cet aspect. Il n’empêche qu’à mon sens cette double attention, à savoir être chez moi et attentif à l’autre et à son espace, s’accroît par le processus même de la distance. J’avance même que l’attention devient triple dans l’observation du corps de relation thérapeutique, qui se rajoute à l’attention à mon espace et mes sensations, et à l’écoute du consultant.

Il s’agit donc pour moi, dans ce premier propos, de récupérer la souveraineté (thème très tendance en ce moment) de notre corps mental, en retrouvant des aspects de celui-ci. Je laisse volontairement un blanc ici, pour que chacun puisse y projeter ce que le mot « aspects » évoque et réveille en chacun.

Déjà là ? Bien !

Mon deuxième propos est encore à l’ébauche, à l’étude, et sera à l’appréciation de chacun tant il est subtil ! Je veux parler du double énergétique.

Je vais prendre pour commencer, une analyse explicative d’une posture de Qi Gong.

Pour ceux qui ont eu l’occasion de participer à mes cours de Qi Gong au lieu de dormir ou de résister à mon charisme fou, vous vous rappelez sûrement de la capacité à s’asseoir dans la posture initiale, qui est debout. Il est question de trouver une assise dans son bassin, après avoir relâché moultes tensions. Cette posture dite du Wu Ji (littéralement sans (Wu) limite (Ji)), invite à reprendre corps et laisser une régulation s’opérer. Dans un second temps il est question de renforcer l’ancrage corporel par une respiration placée arbitrairement dans le ventre (qui est un des centres de stabilisation par excellence), et de fait, de laisser passer les nuages. Ces nuages sont assimilés aux pensées, elles-mêmes issues de nos préoccupations (projets) ou de nos régulations, ou encore d’autres sources que je ne souhaite pas enfermer par les mots ici. Cette seconde étape vise donc à pacifier par le souffle libre le diaphragme et à harmoniser le trio-un « corps-souffle-esprit ». La troisième étape consiste à libérer l’esprit de toute forme d’attache, en basculant dans une attitude contemplative, où tout est perçu de manière équanime.

Par l’assise/debout, s’opère une dilatation sensible du corps mental.

Mais qu’en est-il du corps astral et de la projection de ce double de soi-même ?

Là encore, je ne me place pas en expert, et je sais que de nombreuses informations vont encore m’arriver, principalement par l’expérience. Et justement, il est question d’expériences que vous avez pour la plupart vécues, par le biais des Rêves éveillés dirigés, renommés récemment Rêves éveillés biodynamiques®. L’on retrouve clairement cette même trame de se visualiser soi-même debout (alors qu’on est allongé la plupart du temps), et d’aller visiter des espaces tant intérieurs que guidés, dans les voies spirituelles telles le soufisme, le taoïsme, le chamanisme et même dans le christianisme. Néanmoins, je m’adresse à votre expérience vécue dans la Biodynamique, donc restons concentrés s’il vous plaît.

Être debout, alors qu’on est allongé… Le relâchement musculaire permet la facilitation à rentrer dans l’imaginal, et la position allongée permet clairement de laisser la place aux régulations ou aux  abréactions quand elles ont besoin de se produire. Mais laissons de côté cet aspect là !

Ce qui m’intéresse, c’est cette réalité du « rêve » ! Cette capacité à se voir agir et même sentir dans des espaces où mon corps n’est pas. Revisualisez le premier volet de la trilogie MATRIX, qui a très bien réussi à mettre en scène cet aspect du réel et de nos capacités extra(?)sensorielles.

La projection mentale est un fait, et le double énergétique tout autant. Je peux sentir dans mon corps et par mes sens des réalités jusqu’alors inconnues dans des lieux tout aussi étranger (ou presque). De là à m’envoyer dans un temps futur pour en ramener ce qui m’est utile au présent pour concrétiser ce futur…Il n’y a qu’un pas intérieur à réaliser. J’en profite pour remercier Rénato Pappalardo de m’avoir invité à rentrer en intimité (celle du débutant, of course) avec le travail relayé et impulsé encore aujourd’hui par Patrick Peytavi dans cette dynamique très particulière.

Je rajoute donc en guise de prochaine expérimentation, la nécessaire distinction entre le plan astral (aussi nommé astral émotionnel dans l’approche d’Achim Korte et de Bob Moore) et d’autres plans de conscience. Le voyage astral ne serait qu’un aspect du Grand Voyage.

J’arrive maintenant à mon troisième propos. J’espère que vous êtes bien assis, et je vous invite un instant à prendre la sensation de votre pied droit, à respirer dedans, à capter les oxygènes supérieurs pour nourrir cette sensation de votre pied droit, de la partie en contact avec le sol (sinon décroisez les jambes), de la partie en contact avec l’air, avec les vêtements peut être ?… Respirez…

Faites là même chose avec le pied Gauche ! Prenez le temps, vous avez le temps. Respirez le temps. Le temps est votre allié. Respirez !

Certains auront peut-être reconnu ce prémisse du retour à soi, cet éveil de la sensation propre à la voie du Sentir (ou l’Art du Sentir) dont Luis Ansa a été le fondateur ?

A partir de cette sensation, avez-vous l’impression d’être en relation avec moi, avec les objets qui vous accompagnent? Entendez-vous ma voix ou la vôtre ? Avez-vous l’impression d’être aussi plus en lien avec vous-même, plus plein, plus vibrant ? Percevez-vous, par anticipation ou projection mentale dans un futur proche ou je souhaite en venir ? Vous rappelez vous des trois premiers mots de cet article ?

Je ne souhaite pas vous prémâcher le travail, mais de la position debout (où il était question d’assise) nous avons contemplé ; puis nous nous sommes allongés (pour ouvrir les yeux dans l’autre monde) et levés dans cet autre plan de la réalité « augmentée ». Et maintenant, vous voilà, bien assis, j’espère ! Respirez !!

Le processus respiratoire est constamment là ! La possibilité d’éveiller la sensibilité en plaçant l’attention est constamment là, à chaque instant. Toujours bien assis ?

Alors levez vous depuis cette place, dans le corps de relation. Tous les outils de la biodynamique sont là, parmi ceux qui constituent votre propre chemin, attendant juste d’être utilisés. Il est question de liberté, alors qu’une dynamique extérieure voudrait nous faire croire que nous sommes immobilisés. Le feu de ce bouillonnement intérieur que ressentent certaines personnes est une aubaine pour dépasser certaines choses. Le confinement est, principalement en France, une confrontation à nos propres espaces intérieurs évités ou refoulés. C’est également une invitation à la simplicité, à redorer ce qui est essentiel. Il n’y a quasiment rien à faire qu’à revenir, à ramener au corps, et à incarner l’amour, là, dans la poitrine. Et à le laisser rayonner.

Alors,

Prenez soin de vous et bonne pratique.

A très bientôt, nous ne sommes pas si loin.

Avec tout mon amour.

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