Coronavirus et confinement, véritables révélateurs et catalyseurs de processus thérapeutiques

 

Pour Pascal Lombardo, le confinement vient révéler chez nous, chez nos patients, tous les instants de nos vies où nous avons été contraints.

Depuis trois mois maintenant, coronavirus, confinement, voilà deux mots qui ont plongé beaucoup d’entre nous à travers le monde dans l’inquiétude, pour certains dans l’angoisse, pour d’autres dans la détresse, pour beaucoup dans la peur, la peur de la maladie, la peur de la souffrance, la peur de la solitude, la peur de la mort, la peur du lendemain.

Et pourtant au fil du temps, au fil des séances avec les patients que je suis à distance par téléphone depuis mi mars, surgit à mes yeux comme une évidence, ce coronavirus est un formidable accélérateur de particules positives, un véritable révélateur de notre monde dans lequel nous vivons au sens commun mais aussi et surtout de nos mondes intérieurs enfouis en chacun de nous, de nos névroses bien sûr, résultant de nos histoires personnelles, de nos éducations familiales, religieuses, scolaires, des accidents de la vie, des violences subies mais aussi de tant de choses positives, ce noyau sain au début de tout dont parlait Gerda Boyesen, de l’énergie de vie qui est en nous et qui nous permet chaque jour depuis le début de cette pandémie de vivre, de vivre avec soi, de vivre entre soi, dans son couple, dans sa famille pour ceux qui en ont, dans son immeuble, son quartier, son village ou sa ville.

Un virus qui guérit ?

Si les séances que j’ai avec les patients à distance réinterrogent la pertinence du travail psycho-corporel et en ce qui me concerne en énergétique et magnétisme puisque c’est ainsi que je travaille, le suivi de chaque patient a mis en lumière ce catalyseur thérapeutique que représente à mes yeux la pandémie du coronavirus et surtout le confinement qui en découle.

Et si cette maladie pour faire référence au livre passionnant du Docteur Philippe Dransart, cherchait à nous guérir, à guérir chacun de nous, à guérir notre monde.

Allez savoir pourquoi à cause de ce virus, on a confiné trois milliards et demi d’hommes, de femmes, d’enfants, de vieillards, en somme la moitié des êtres humains que compte la planète alors que durant deux ans de 1968 à 1970 la grippe de Hong Kong a fait plus d’un million de morts dont 31 000 en France sans que l’on confine qui que ce soit.

Alors, quel est le sens de ce confinement ? Et notamment pour les patients que nous suivons et qui nous en font état à longueur de leurs consultations.

Le confinement nous impose depuis sept semaines, de nous isoler, de nous isoler de notre travail, de nous isoler de ceux que l’on aime, pourrait-on dire de nous isoler de nous-même, avec nous-même, pour nous retrouver, pour mieux nous retrouver, retrouver ce qui a été l’essence, au début, retrouver notre vie passée, avec nos peines, nos joies, avec nos malheurs, nos bonheurs, nos échecs, nos réussites mais aussi nos névroses.

Le confinement nous impose à tous, patients, thérapeutes de nous isoler et on touche là à mon sens ce qui constitue le catalyseur des processus thérapeutiques.

Comme je le dis souvent aux patients, lorsque la séance porte sur la souffrance liée au fait d’être ou de vivre seul, la solitude résulte d’un choix que l’on fait en conscience comme peuvent le faire le moine ou l’ermite pour vivre heureux loin de tout, à différencier de l’isolement qui est imposé au prisonnier ou au malade, notamment quand il est contagieux.

L’isolement parce qu’il est imposé et non choisi, on peut le voir avec les malades et les prisonniers, peut rendre triste, mélancolique, il peut créer de l’anxiété, du stress, il peut conduire, poussé à son paroxysme, à la folie et à la mort. Maladie, folie, mort autant de tabous dont nous avons tous peur.

D‘autres espaces contraints

Ce moment de confinement vient donc révéler chez chacun de nous et bien sûr chez les patients que nous suivons, ce qui constitue l’essence de nos névroses, ce qui était enfoui au plus profond de nous. En vivant isolé, que l’on soit seul ou en famille, le confinement peut être vécu comme un retour dans le premier espace confiné dans lequel nous avons vécu intra utéro, dans le ventre de notre mère nous reliant ainsi à toute notre histoire familiale, aux non-dits, aux tabous familiaux.

Parce qu’il est imposé, le confinement vient révéler chez nous, chez nos patients, tous les instants de nos vies où nous avons été contraints, il fait remonter les traumatismes les plus profonds qui avaient été enfouis en nous parce que trop souffrant, les traumatismes liés aux violences psychologiques, physiques, sexuelles.

Le confinement nous ramène à l’essence de nous-même, de nos vies, il permet aux patients parce qu’ils se retrouvent seuls avec eux-mêmes, confrontés à eux-mêmes, de venir revisiter toutes leurs histoires, familiales, personnelles, professionnelles, amicales ou amoureuses. Le confinement les met face à eux-mêmes et c’est bien là le sens de toute thérapie qu’elle soit psychologique ou corporelle.

Revenir à l’essence, revenir au noyau sain, voir malgré tous les fracas de la vie, ce qui est bon en nous pour transcender, dépasser et aller de l’avant, certains diront guérir, se guérir soi-même. C’est bien là, il me semble tout le sens de la psychologie biodynamique.

Je veux terminer enfin par un clin d’œil à ce formidable virus dont le nom symboliquement est corona, une couronne, la couronne qui ouvre sur des dimensions spirituelles, en citant Georges Groddeck, analyste incomparable selon Freud, qui nous disait que « la maladie est effectivement la « montagne magique » de l’individu, mais où celui-ci trop souvent meurt, sans même avoir compris comment et pourquoi. Et le propos de la psychosomatique est que l’individu puisse non pas seulement y mourir « en paix » mais aussi y vivre, par la lucidité acquise qui ferait qu’il renoncerait à la maladie sitôt qu’elle deviendrait « inadéquate » : excessive ou « irrémédiable ».

N’est-ce pas là le sens de ce coronavirus ?

Pascal Lombardo

1 Commentaire

  1. Emmanuelle Cheylus Bouvet

    Super article ! Merci de l’avoir écrit…ça me parle…

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